Les problèmes bucco-dentaires les plus fréquents chez les séniors

EHPAD
Comment préparer l’entrée en EHPAD d’une personne âgée ?
avril 16, 2021
Soins dentaires

Le maintien de la santé bucco-dentaire et de la fonctionnalité de l’organe masticatoire à un âge avancé est important pour la qualité de vie des personnes âgées d’une part, et pour leur santé générale d’autre part. En effet, les maladies bucco-dentaires peuvent présenter un risque pour la santé générale. Par exemple, la parodontite marginale peut déclencher des maladies cardiovasculaires, des complications liées au diabète et des infections des voies respiratoires telles que la pneumonie bactérienne. Voici donc un point complet sur les maladies bucco-dentaires importantes touchant les personnes âgées ainsi que, le cas échéant, leur conséquence pour la santé générale !

Les caries radiculaires

En vieillissant, les patients présentent souvent une récession gingivale sur une ou plusieurs dents. Les parties de la racine, qui sont maintenant exposées, ne sont pas protégées par l’émail et sont donc beaucoup plus sensibles aux attaques acides agressives, ce qui peut nécessiter une intervention en clinique dentaire. La situation est aggravée par le fait que la dent se rétrécit vers la racine, ce qui rend difficile l’accès aux zones sous-jacentes au niveau du collet de la dent lors du brossage. Une hygiène buccale insuffisante, fréquente chez les patients âgés dont la mobilité des mains est limitée, entraîne inévitablement une accumulation de plaque dans cette région. Si elle n’est pas complètement et régulièrement éliminée, une carie radiculaire peut rapidement se développer, entraînant souvent la perte de la dent. L’intensification des soins dentaires via des visites régulières chez le dentiste et l’utilisation de fluorures très efficaces réduisent considérablement ce risque.

La parodontite

En matière de soins dentaires et plus particulièrement d’implantologie, une perte de davantage de dents est constatée à cause tant des maladies du parodonte que des caries. Si la plaque bactérienne n’est pas éliminée régulièrement et soigneusement, les gencives réagissent d’abord par une gingivite due au biofilm pathologique, qui se transformera en parodontite si elle n’est pas traitée. Cela entraîne la formation de poches gingivales, qui favorisent la formation de la plaque dentaire et rendent l’hygiène bucco-dentaire à domicile plus difficile. À long terme, la parodontite provoque des dommages irréversibles au parodonte ou d’intenses douleurs. La dégradation de l’os de la mâchoire entraîne le déchaussement des dents, leur migration et finalement leur perte. La solution à envisager est alors de refaire ses dents ou d’envisager la pose d’un implant.

Cependant, la parodontite n’est pas seulement un phénomène purement local. Entre-temps, il est de plus en plus évident que les infections chroniques de la cavité buccale ont une influence non négligeable sur la santé générale en déclenchant ou en favorisant les maladies inflammatoires et leurs conséquences dans l’organisme. À cet égard, la parodontite marginale a été évoquée comme un facteur de risque de maladies cardiovasculaires, de complications diabétiques, d’insuffisance pondérale chez les prématurés et d’infections des voies respiratoires. En cas de parodontite chronique, il existe une surface de plaie sécrétante dans la cavité buccale qui permet aux germes pathogènes de pénétrer dans la circulation sanguine sans barrière. La bactériémie qui s’ensuit est alors détectable dans toute la circulation sanguine, ce qui peut entraîner des complications particulièrement rapides chez les patients âgés dont le système immunitaire est affaibli.

Néanmoins, les micro-organismes de la plaque peuvent également pénétrer dans les voies respiratoires par aspiration et déclencher une pneumonie bactérienne, particulièrement redoutée chez les personnes âgées. Cependant, l’hygiène buccale est souvent négligée chez les patients des cliniques de réadaptation gériatrique, des unités de soins intensifs et des maisons de retraite, qui sont particulièrement exposés à la pneumonie. La prophylaxie ciblée de la parodontite revêt donc une grande importance, notamment chez les patients âgés, non seulement pour le maintien de la santé du parodonte, mais aussi en ce qui concerne les interactions avec l’état de santé général.

Le risque de malnutrition suite à la perte de dents

En termes de soins dentaires, la perte de dents naturelles altère considérablement la fonction de mastication et ne peut être que partiellement compensée par la pose de prothèses dentaires. Comme cette perte de fonction ne se produit généralement pas de manière soudaine mais progressive, les patients se rendent rarement compte qu’ils modifient leur alimentation de manière plus ou moins inconsciente à long terme. Cela peut conduire à une dénutrition certaine. En cuisant les fruits, en retirant la croûte du pain ou en réduisant la viande en purée, par exemple, la consistance de l’aliment est modifiée pour tenter de compenser la réduction de la fonction de mastication. Si les problèmes de mastication persistent sur une longue période, les personnes concernées restreignent de plus en plus leur choix d’aliments sans s’en rendre compte.

En cas de dents manquantes, d’implants dentaires mal posés ou de prothèses mal ajustées, l’activité masticatoire diminue également. Cela peut conduire à manger de plus petites portions et à éviter les aliments à forte mastication et riches en fibres. Les fruits et légumes frais sont évités, mais la consommation d’aliments riches en graisses et en sucres augmente. À long terme, l’alimentation devient unilatérale et déséquilibrée, et l’apport en nutriments importants n’est plus garanti. Comme la consommation fréquente d’aliments collants riches en glucides favorise la croissance de la plaque microbienne, le risque de caries et de parodontites pour les dents naturelles est également accru si l’hygiène buccale est mauvaise. La question se pose alors de refaire ses dents ou d’envisager la mise en place d’un implant de plusieurs implants dentaires.