Les aliments transgéniques sont-ils nocifs pour la santé ?

Comment éviter l’anémie mégaloblastique?
octobre 20, 2020
Le rôle de la physiothérapie dans la vie des patients atteints de la maladie d’Alzheimer
octobre 20, 2020

Les transgéniques sont des organismes génétiquement modifiés OGM. Ils ont été produits par transfert de gènes, généralement entre différentes espèces. Ce sont des organismes manipulés en laboratoire, puisque dans un environnement naturel, les différentes espèces ne se croisent pas. L’objectif est d’incorporer dans ces organismes une ou plusieurs caractéristiques souhaitées des autres espèces, comme la résistance aux parasites et aux maladies. Le début des cultures transgéniques a commencé avec la plantation de soja modifié par les producteurs du Sud. Les transgéniques ont été acceptés aux États-Unis et dans d’autres pays américains, mais rejetés dans les pays européens, qui imposent encore de grandes barrières à ces plantes et à leurs dérivés. Outre les grandes questions sur les risques possibles de ces cultures et de leur consommation pour l’environnement et la santé humaine, il existe un problème commercial controversé. Les semences transgéniques sont brevetées par de grandes entreprises, ce qui génère un coût de production élevé pour les agriculteurs.

Les transgéniques peuvent-ils présenter des risques ?

La plantation de plantes transgéniques a été préconisée comme une alternative clé pour augmenter la productivité, réduire les coûts de production et diminuer les impacts environnementaux. En raison du rapport sur la diminution de l’utilisation des produits agrochimiques, la possibilité d’une plus grande variabilité génétique pour l’amélioration, une plus grande participation des producteurs au marché international et la résolution du problème de la faim. Malgré tant d’avantages, plusieurs chercheurs ont discuté des risques et des impacts potentiels de ce type de produit pour l’environnement et pour toute la biodiversité. Il est important de souligner les particularités des cultures transgéniques et de l’utilisation des herbicides et des pesticides. Le glyphosate est actuellement l’herbicide le plus utilisé dans le monde. L’augmentation spectaculaire de son utilisation est principalement due à l’introduction de plantes résistantes au glyphosate.

Quels sont les impactes des plantes transgéniques sur l’environnement ?

La commercialisation des plantes transgéniques risque d’entraîner un flux de transgènes vers les populations sauvages apparentées dans les centres de diversité; ceux-ci possèdent une biodiversité qui constitue l’héritage biologique et culturel de l’humainité et assure la sécurité alimentaire mondiale à long terme. Le débat écologique portant sur les risques menaçant la diversité des cultures doit porter de façon spécifique sur les centres de diversité de chaque culture plutôt que d’envisager l’agriculture comme un phénomène homogène. Une fois libérées dans l’environnement, les plantes transgéniques ne peuvent plus être confinées. Le transfert de pollen constitue la voie principale pour la transmission des gènes dans l’environnement. Un aspect préoccupant de la question réside dans la possibilité que certaines variétés de plantes adventices acquièrent le transgène et deviennent elles-mêmes résistantes aux herbicides, aux insectes ou aux maladies, caractères pouvant leur conférer un avantage sélectif. Cependant, la transmission de gènes n’est possible qu’en présence de plantes compatibles au voisinage, ce qui est le cas dans les centres de diversité d’une plante. Un centre de diversité est une zone géographique où se manifeste encore la relation si particulière qui unit nos plantes cultivées à leurs parentes sauvages. Il désigne aussi bien la région d’origine d’une culture que la région dans laquelle elle fut initialement cultivée et améliorée pour produire plusieurs variétés différentes. Ils constituent de précieux réservoirs de matériel génétique permettant la conservation des multiples moyens de lutte contre les agressions constantes des insectes, maladies et plantes compétitrices.

Les impactes sur la santé

Beaucoup de gènes de résistance aux insectes agissent en perturbant les fonctions digestives du parasite. Or certains d’entre eux, comme les inhibiteurs enzymatiques, sont résistants à l’hydrolyse dans le tube digestif de l’insecte. On peut imaginer que par le même mécanisme ils pourraient induire des effets similaires chez les mammifères :

  • une perturbation du système digestif ;
  • une modification de la toxicité de la plante. Il se peut que le gène, introduit, ne produise pas de substance toxique, mais qu’il perturbe le fonctionnement de la plante, ce qui pourrait entraîner la production d’une nouvelle substance toxique ou l’augmentation de la production de certaines protéines toxiques déjà existantes, tomatine de la tomate, solanine de la pomme de terre ;
  • une augmentation de la résistance des microorganismes aux antibiotiques serait un autre danger potentiel pour l’Homme.

Les risques d’allergie

Actuellement, on considère que 1 à 2% des adultes et 6 à 8% des enfants sont allergiques à un des huit groupes d’aliments allergéniques. Les OGM risquent-ils d’augmenter ces chiffres ? On ne peut pas prévoir combien d’individus seront allergiques à des nouvelles molécules. On peut cependant prendre certaines précautions :

  • comparer les nouvelles molécules aux substances allergisantes déjà connues ;
  • ne pas utiliser de plantes connues pour être allergènes comme source de nouveaux gènes ;
  • garantir des normes rigoureuses, tout en sachant que le risque zéro n’existe pas ;
  • faire des tests d’allergie sur les animaux.

Les effets potentiels de l’utilisation d’ADN viral végétal sur la santé humaine

Il existe deux types de séquences d’ADN viral végétal utilisées communément pour la construction des gènes à insérer dans les plantes GM :

  • le promoteur, qui est nécessaire pour amorcer l’expression du gène inséré et qui est habituellement le promoteur dérivé du virus de la mosaïque du chou-fleur ;
  • la séquence incluant les gènes qui codent pour la création de l’enveloppe externe protéique des virus, et qui une fois exprimée dans la plante hôte, va donner des protéines qui gêneront les autres virus infectant la plante.

Pour améliorer et minimiser l’exposition aux risques de l’agriculture conventionnelle et transgénique, l’option consiste à consommer des aliments produits selon des méthodes de production durables. Il existe plusieurs types de production durable : écologique, naturelle, biodynamique, agroécologique et permaculture. Les principes sont les mêmes : ce sont des systèmes de production d’aliments biologiques, ils développent donc des méthodes de manipulation soigneuses, garantissant l’intégrité et la qualité de leurs produits, exempts de contaminants intentionnels, en plus de préserver la diversité de l’écosystème local, en développant une gestion adéquate du sol, de l’eau et de l’air.

Conclusion

Il est important de discuter et de revoir les modèles de production alimentaire qui prennent soin de l’environnement et respectent toutes les relations évolutives naturelles et les êtres impliqués. Produire des aliments avec la certitude de l’absence de risques et stimuler la promotion de la santé et la prévention des maladies est une obligation des secteurs productifs et un droit pour tous. L’agriculture durable et les systèmes de culture écologiques sont des moyens de produire des aliments sûrs et nutritifs, en plus de protéger l’environnement.